Apparemment les miliciens Bakata Katanga ne s’avouent pas facilement vaincus nonobstant la traque dont ils sont l’objet de la part des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), précisément au Nord de la province du Katanga, leur bastion. Ils poursuivent obstinément leurs actions et exactions contre les populations civiles.
Des attaques à répétions de ce groupe armé affectent gravement la vie et les activités socio-économiques dans le territoire de Pweto, où plus ou moins 3 000 personnes fuyant l’invasion de leurs villages par des éléments Bakata Katanga, sont arrivées, depuis quelques jours, dans la localité de Dikulushi.
L’insécurité créée par ce groupe rebelle provoque le mouvement des populations contraintes d’abandonner habitations et tout derrière elles. Les 3000 personnes déplacées arrivées à Dikulushi proviennent de la localité de Kyona Nzini.
Des sources locales rapportent, ces personnes déplacées internes sont pratiquement dépourvues de tout et vivent dans la précarité et dans des conditions humanitaires plus que déplorables.
Ces compatriotes, note le président de la Société civile de Pweto, ont passé près de quatre jours en brousse avant d’arriver à Dikulushi. Ils sont actuellement regroupés dans une école de la place.
Déjà, rapporte-t-on, des cas d’anémie et de malnutrition chez les enfants ont été enregistrés parmi ces personnes. Les femmes ont des pieds gonflés et les jeunes sont fatigués. Des plaidoyers sont donc lancés pour une assistance d’urgence en faveur de ces déplacés.
Toujours à cause de l’activisme des miliciens Bakata Katanga, des sources de la Société civile font état d’autres déplacés fuyant en brousse où vers les localités de Katuba, Kasamba Kilangwa et Kanswa. Ce mouvement de déplacement des populations, souligne-t-on, est consécutif à l’insécurité qui règne présentement aux alentours de Pweto.
En fait les derniers incidents malheureux remontent au 5 et 6 octobre courant, quand les Maï-Maï Bakata Katanga ont investi Kyona Nzini, une localité du territoire de Pweto. Au cours de cette incursion, les assaillants ont brulé plus ou moins 60 habitations, provoquant ainsi le déplacement massif des populations de cette zone.
Kalemie sous la menace des FDLR
Et pourtant il y a quelques jours les forces gouvernementales avaient infligé un revers cuisant au chef militaire rebelle Bakata Katanga, Gédéon Kyungu Mutanga, réfractaire au désarmement volontaire et à la paix en récupérant son quartier général.
Par ailleurs, des sources de la Mission de l’organisation des Nations Unies pour la stabilisation du Congo (Monusco) rassuraient également que la situation sécuritaire dans la province du Katanga demeurait calme dans les régions conquises par les troupes congolaises, lors de leurs opérations contre les Maï-Maï Bakata-Katanga.
Cependant, le Nord du territoire de Kalemie demeure sous la menace des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et des éléments du groupe Maï-Maï Yakutumba.
C’est dans ce contexte que les troupes du contingent béninois et des forces spéciales égyptiennes de la mission onusienne déployées dans cette province, poursuivent de jour comme de nuit à Manono et dans d’autres localités, leurs patrouilles de domination de terrain, afin d’évaluer la situation sécuritaire, d’interdire les activités de groupes armés, mais également, de protéger les populations civiles.
Dans le cadre de la traque lancée contre ce groupe armé, les FARDC avaient dernièrement tué plusieurs miliciens Bakata Katanga et fait des blessés, au cours d’accrochages aux villages Kapanda, situé à 50 kilomètres au Nord-est de Mitwaba, sur l’axe Mitwaba-Mwema et Kisenga, situé à 105 kilomètres au Nord-est de Mitwaba.
Deux armes et une importante quantité de flèches ont été récupérées par les troupes loyalistes.
Ces combats ont provoqué le déplacement de populations civiles en quête de sécurité, vers le village Mwema.
Six Maï-Maï Bakata-Katanga ont été aussi tués au cours des opérations lancées par les FARDC le 27 septembre dernier entre les localités de Kingoma, Kasongo et Kisenge, visant à déloger ces éléments rebelles de leur bastion.
Après cette offensive, le calme était aussitôt revenu à Kingoma et cette localité était effectivement passée sous le contrôle des forces gouvernementales, ainsi que toute la région.
Le même jour, la coordination de la Société civile de Bendera a rapporté l’arrestation de deux éléments supposés appartenir au groupe Maï-Maï Yakutumba au village Manyanga.
Dovin Ntelolo Diasonga