Lundi 17 décembre 2012
« Nous continuerons à travailler avec la RDC pour renforcer les activités de vaccination afin de réduire la mortalité infantile due aux maladies évitables par la vaccination », c’est sur cette note d’espoir et d’engagement que le président délégué général de l’alliance globale pour le vaccin et l’immunisation (GAVI) a clos son séjour à Kinshasa.
C’était au cours d’un point de presse qu’il a tenu dans la salle polyvalente de l’Oms avant de quitter la capitale. Point de presse marqué par la présence du ministre de la Santé publique, Dr Félix Kabange Numbi ; du représentant de l’OMS, Dr Léodegal Bazira ; de la représentante de l’Unicef, Barbara Bentein et du chef de programme de l’immunisation à l’Oms-Genève, Dr Okwebele.
Dr Seth s’est dit encouragé par le leadership du ministre de la Santé publique qui fait de la santé sa priorité. La priorité pour la RDC, laisse-t-il entendre, demeure l’introduction de vaccin anti- pneumocoque. Celui-ci est déjà introduit dans cinq provinces, il faut l’étendre dans d’autres provinces ; une autre priorité c’est l’introduction de nouveaux vaccins comme le vaccin contre la rubéole, la diarrhée et le vaccin contre le cancer du col de l’utérus. Parlant de la cherté du vaccin, le n°1 de GAVI souligne que son institution travaille avec des fabricants pour baisser le prix du vaccin. « Parce que nous avons beaucoup d’enfants qui naissent dans le monde et nous pouvons faire beaucoup de commandes qui peuvent diminuer le coût de vaccin… », indique Dr Seth avant d’ajouter que les parents doivent comprendre l’importance de la vaccination. En outre il faut un leadership politique pour faire parvenir partout le vaccin au profit des enfants congolais.
En ce qui concerne les efforts pour l’introduction de nouveaux vaccins, Dr Okwebele reconnait que la RDC est sur une bonne voie. Elle a réussi à introduire trois nouveaux vaccins. Selon les normes de l’OMS, il y a au moins vingt vaccins pour les enfants et les adultes. Toutefois, ajoute-t-il, les pays ne sont pas tenus de les utiliser tous dans leurs programmes nationaux de vaccination. « Le processus d’introduction de nouveaux vaccins dépend du poids de la maladie dans le pays… ».
L’introduction de nouveaux vaccins exige certaines conditions. Sur ce, Dr Léodegal Bazira précise qu’il faut d’abord consolider les vaccins de routine et « ce n’est qu’après que le pays pourra introduire d’autres vaccins. Cette introduction de vaccins implique la formation des agents de vaccination, le renforcement de la chaîne de froid et surtout la capacité de cofinancement du pays ».
L’amélioration des indicateurs de vaccination
De son coté, Dr Félix Kabange Numbi a déclaré qu’avec l’appui de GAVI, la RDC a pu augmenter les indicateurs de vaccination. « Aujourd’hui, nous sommes à 89% de couverture vaccinale ». À coté de ces succès, les défis sont nombreux notamment la disponibilité de vaccins, la logistique, la chaîne de froid, le défi d’assurer aussi une vaccination de qualité. Un frein majeur pour la vaccination demeure la guerre dans l’Est. A cause de ce conflit armé, les enfants, regrette Dr Félix Kabange Numbi, n’ont pas été vaccinés dans les provinces du Nord Kivu et Sud-Kivu. Pour relever ce défi, Dr Félix Kabange Numbi ne pense que l’engagement de tous est plus qu’une nécessité pour gagner ce pari. A cela s’ajoute le besoin des ressources humaines valables, qui selon Dr Félix Kabange, doivent non seulement être formées mais aussi motivées.
Visite du Centre Mère et Enfant de Barumbu.
Dans l’objectif de voir comment se déroule la vaccination, l’équipe du PDG de GAVI en compagnie toujours du ministre de la Santé publique, de la représentante de l’Unicef et du représentant de l’Oms a visité le centre mère et enfant de Barumbu. L’ambiance a été particulière. Au hall de la réception, une infirmière donne des enseignements sur l’éducation sanitaire aux femmes venue à la consultation pré scolaire. Attentives, ces mamans éprouvent de l’intérêt à cet enseignement qui leur permet de bien assurer la santé de leurs enfants. « Il faut respecter le calendrier vaccinal de l’enfant, il est recommandé d’allaiter exclusivement aux seins le bébé jusqu’à l’âge de six mois, le vaccin protège l’enfant contre plusieurs maladies », ne cesse de répéter cette infirmière, la trentaine révolue. Même ambiance dans la salle où se fait la consultation pré natale. Des femmes enceintes suivent d’une oreille attentive les conseils leur prodigués par l’infirmière.
Blandine lusimana T.
