Mercredi 10 février 2010
Les sénateurs ont voté le lundi 8 février le projet de loi portant organisation et fonctionnement de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Ce texte avait été auparavant voté par les députés. A analyser les deux moutures, il se dégage des divergences fondamentales entre les deux chambres législatives. En effet, les élus à la chambre basse n'ont rien voulu entendre de la présence des membres de la société civile au sein du Bureau de la CENI. Mais les sénateurs eux, leur octroient trois places. La seconde divergence de taille concerne les organes de cette institution d'appui à la démocratie. Pour l'Assemblée nationale, seul le Bureau est habilité à décider au nom de la CENI. Par contre, le Sénat prévoit, outre le Bureau, la plénière qui réunit l'ensemble des membres de ladite institution. La plénière se place ainsi au-dessus du Bureau.
Ces divergences étant de fond, il va falloir que les deux institutions législatives créent une commission paritaire pour un compromis en vue d'élaborer un texte unique qui sera sanctionné par une ordonnance présidentielle. Par rapport au temps qui reste, la session extraordinaire devant se terminer le 15 février, les élus du peuple sont obligés de se dépasser pour donner au gouvernement cet outil capital pour l'organisation prochaine des échéances électorales. A défaut, ils risquent de porter la lourde responsabilité de blocage du pays au terme de l'actuel quinquennat.
A tous égards, ces divergences peuvent bien être surmontées si les uns et les autres mettent un peu d'eau dans leur vin. S'agissant de la présence des délégués de la société civile au sein du Bureau, nous pensons que c'est un faux débat dans la mesure où il est connu qu'il existe des vrais militants de la société civile dont la notoriété est connue des Congolais. Les exemples sont légion. Nous citons le cas du RP Ekwa, un jésuite dont l'intégrité ne peut nullement être remise en cause.
Concernant l'existence de la plénière comme organe, il s'avère un peu curieux que l'Assemblée nationale ait imaginé qu'une institution aussi importante que la Commission électorale nationale indépendante ne fonctionnât qu'avec son seul bureau, alors que de manière générale les institutions de ce genre sont toujours dotées d'une plénière pour arriver à un large consensus.Cette question peut être vidée sans beaucoup d'atermoiements avec un peu de bonne volonté de par et d'autre.
Mais, malheureusement, en RDC nous nous trouvons dans un zoo politique où pour un petit morceau de pitance les vautours se donnent des coups dans le seul but de marcher sur les autres en vue de devenir seuls maîtres de la proie. Les suspicions, les délations, les exclusions,… caractérisent la sphère politique congolaise. Dans tout acte posé par l'un, l'autre ne perçoit qu'un piège ou même de la trahison. Pour le politique congolais, son collègue n'est qu'un malhonnête qui ne peut jamais être dans le vrai. Il va sans dire que dans un pareil environnement, une tâche pourtant facile ne peut que devenir compliquée, un débat qui aurait dû prendre quelques heures de discussion va perdurer des semaines entières. Cela au détriment de l'intérêt général.
A propos de notre sujet du jour, nous devrions rappeler aux députés et sénateurs que le temps joue contre nous. Nous sommes obligés de courir derrière le temps à cause de nos propres turpitudes pour n'avoir jamais compris que le temps c'est de l'or. Déjà nous risquons de ne pas organiser les élections locales, urbaines et municipales. Cela peut encore passer sans causer beaucoup de dégats. Mais que, suite à l'irresponsabilité de nos élus, cette situation malheureuse puisse arriver en 2011 quand arriverront les législatives et les présidentielles, les députés porteront seuls devant l'histoire toutes les conséquences fâcheuses qu'engendrera le chaos dans lequel ils mettraient notre chère patrie. Ils auront ainsi fait une passe en or à tous ceux qui sont toujours à la recherhe d'une occasion pour matérialiser leur rêve de balkaniser la RDC. Ils ont quelques jours devant eux pour éviter d'inscrire leurs noms sur la liste des personnes à être condamnées par notre postérité. A eux de jouer.
Rombaut Ot.



