Vendredi 05 mars 2010
Le FMI exige le renforcement de la chaîne de la dépense
Les déclencheurs devant conduire la République démocratique du Congo au point d'achèvement de l'initiative PPTE, sauf imprévu en mi mai, ont été passés sous examen au cours de la rencontre entre le ministre des Finances, Matata Ponyo Mapon, et la délégation du Fonds monétaire international (FMI) conduite par Brian Ames, hier jeudi 4 mars 2010, au ministère des Finances.
Au cours de cette rencontre, le chef de la mission a exhorté le ministre des Finances de renforcer la chaîne de la dépense et de s'assurer que toutes les dépenses passent par cette chaîne.
Les entretiens autour du ministre des Finances, Matata Ponyo, ont tourné autour du cadrage macroéconomique.
En clair, la partie congolaise et la délégation du FMI se sont appesanties sur les grandes lignes concernant le plan de la mission du FMI, les objectifs de la première revue. Et aussi les efforts devant conduire la RDC au point d'achèvement. Elles ont fait le tour d'horizon concernant quelques politiques et voir comment aborder les discussions qui débuteront la semaine prochaine.
"Nous avons abordé la nécessité de renforcer la chaîne de dépense afin de s'assurer sur les données, les chiffres et les informations nécessaires pour qu'il puisse mieux gérer la mise en œuvre du programme économique du gouvernement. Des efforts consentis par plusieurs bailleurs de fonds, notamment le FMI, sont déjà perceptibles. Il faut donc continuer la mise en œuvre dans plusieurs domaines pour qu'on puisse arriver à la feuille de route", a souligné Brian Ames.
Le Chef de la délégation du FMI a, en outre, précisé que Matata Ponyo a un grand travail à faire, étant entendu que l'objectif du gouvernement est d'encadrer la mobilisation des recettes au niveau de chaque régie financière, de renforcer les capacités de chaque régie et de les rendre efficaces dans leur travail quotidien.
Sur la bonne voie
Pour la délégation du FMI, la RDC s'est bien comportée et s'est bien placée pendant les derniers mois du programme économique en 2009. Mais, il y a un certain retard concernant quelques réformes structurelles. C'est pourquoi, a insisté Brian Ames, les discussions que la délégation du FMI aura avec les différents ministères et secteurs concernés "vont permettre à mieux structurer ces réformes".
Au niveau du budget tout comme de la politique monétaire, " nous avons l'impression que tout s'est bien passé jusque fin décembre. Le défi qui reste, a-t-il précisé, c'est de continuer à mettre en place le programme de manière satisfaisante en 2010. Notre mission va donc nous permettre de discuter les visions à moyen terme avec le gouvernement et de travailler aussi pour l'avenir".
Précisons qu'arrivée depuis mardi 2 mars 2010, la délégation du FMI va procéder à l'examen de la première revue du nouveau programme conclu avec le FMI en décembre 2009. La délégation va mettre son séjour à profit pour faire un tour d'horizon avec la partie congolaise des critères de performance du programme de juillet à décembre 2009.
Le même exercice sera aussi fait pour les réformes structurelles comprises dans le programme. Au cours de son séjour, la délégation du FMI entend examiner tous les déclencheurs qui mènent au point d'achèvement qui pourrait, sauf imprévu, intervenir en milieu de l'année 2010. Des discussions entre les deux parties permettront aussi de faire la mise à jour des politiques économique et financière, ainsi que du processus de remise de dette.
Quand Matata met en garde contre la fraude douanière…
Le ministre des Finances n'est pas né de la dernière pluie. Il connaît tous les rouages et autres pratiques maffieuses rencontrées dans les milieux douaniers du pays. Lui qui vient du BCeCo où des apprentis-sorciers aux dents longues lui ont fait voir de toutes les couleurs lors de l'exécution de certains travaux dont la passation des marchés s'est déroulée en bonne et due forme.
C'est pourquoi, "Mapon" n'a pas ménagé les directeurs divisionnaires et provinciaux de la Direction générale des douanes et accises réunis en conférence à l'hôtel Sultani. La 5ème du genre pour évaluer l'exécution budgétaire 2009 et des prévisions des recettes de 2010.
Ouvrant les travaux de cette conférence quelques minutes après sa rencontre avec la délégation du FMI, le ministre des Finances a été clair : "Dans ce cadre, toutes les mesures doivent être envisagées pour lutter efficacement contre toutes les formes de fraude douanière dont les effets pervers amenuisent les possibilités du gouvernement dans la réalisation de ses différents plans de développement du pays. Je vous engage tous dans ce combat et vous serez jugés au résultat. J'invite ici la hiérarchie, les cadres et agents de la Direction générale des douanes et accises à prendre conscience du rôle qui est le leur et à s'impliquer davantage pour la réalisation et le dépassement des assignations budgétaires de l'exercice 2010".
Pour sa part, le ministre des Finances a insisté qu'il ne ménagera aucun effort autant que faire se peut, pour "apporter des solutions" aux différents problèmes qui se posent à la DGDA et pour "lui prêter main forte" de manière à assurer le bon fonctionnement de la douane.
Auparavant, le ministre des Finances a exhorté les conférenciers à examiner les causes des performances et des contre-performances réalisées, et à réfléchir sur les voies et moyens pour mobiliser plus de recettes. Ce qui suppose, a insisté Matata Ponyo Mapon, une bonne prise en charge des marchandises et leur dédouanement correct.
Un message clair aux douaniers. Malheur à celui ou ceux qui vont se compromettre car le rouleau compresseur de "Mapon" est, semble-t-il, prêt à passer à l'action.
Willy Kilapi

