Jeudi 11 mars 2010
La gestion saine des finances publiques préoccupe la Commission européenne
Les perspectives de la coopération entre la RDC et l'Union européenne se présentent sous de meilleurs auspices. Etant donné que le gouvernement de la RDC considère l'amélioration de la gouvernance comme un facteur essentiel de redressement du pays, notamment en ce qui concerne la réforme du secteur de la décentralisation, les finances publiques, la réforme des entreprises publiques et de l'administration, la gestion des ressources naturelles, ainsi que les conditions d'investissement, la Commission européenne ne peut que s'en réjouir. Et c'est Richard Zink, ambassadeur et chef de délégation de la Commission européenne en RDC qui est allé exprimer cette satisfaction à Matata Ponyo Mapon, ministre des Finances au cours de l'entretien que ce dernier lui a accordé, hier mardi 9 mars 2010, dans son cabinet de travail.
Pendant près d'une heure, le ministre de Finances et la délégation de la Commission européenne se sont appesanti sur l'état de coopération entre la RDC et l'Europe.
Pour Richard Zink, la Commission européenne se félicite du succès enregistré par le gouvernement en 2009, notamment en ce qui concerne la gestion des ressources. C'est ainsi que les deux délégations ont réfléchi sur le soutien de la Commission européenne en ce qui concerne l'introduction de la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et sur les avancées du processus de modernisation de différents secteurs, notamment sur les réformes à engager au sein de l'administration, les finances publiques (appui macro-économique qui se traduit par un renforcement des régies financières et la sur la décentralisation.
" Nous avons engagé beaucoup de ressources l'an passée en faveur de la RDC. C'est pourquoi, nous estimons urgent de faire avancer les réformes afin de nous permettre de discuter sur un nouveau support de façon à répondre à la crise et aux progrès qui se font dans le pays ", a précisé Richard Zink.
Il a rappelé qu'en matière d'aide au développement, l'Union européenne contribue à elle seule à plus de la moitié de l'aide publique mondiale.
Contribution de l'UE en RDC
Matata Ponyo Mapon, qui n'est pas un parvenu, sait pertinemment bien que suite à la signature du programme indicatif national 2008-2013 le 30 octobre 2008, la RDC a bénéficié d'une enveloppe de 514 millions d'euros sur le 10ème FED auxquels s'ajoute une enveloppe d'aide non programmable de 47,7 millions d'euros.
La quasi-totalité des relations entre l'Union européenne (UE) et la République Démocratique du Congo (RDC), entrent dans le cadre de l'Accord de Cotonou, qui conclut le partenariat entre les pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) et l'UE.
Ce partenariat est centré sur l'objectif de réduction et, à terme, d'éradication de la pauvreté, conformément aux objectifs de développement durable et d'intégration progressive des pays ACP dans l'économie mondiale. Le respect des droits de l'homme, les principes démocratiques, la bonne gouvernance et l'Etat de droit sont également des éléments essentiels du partenariat. Le dialogue joue par ailleurs un rôle clé dans les relations ACP-UE, afin d'encourager la participation, non seulement du gouvernement, mais aussi de la société civile et des acteurs économiques et sociaux.
En ce qui concerne le programme financé par le 9ème FED en RDC, d'un montant de 205 millions €, il s'est concentré sur trois domaines prioritaires: d'abord la lutte contre la pauvreté, surtout dans le domaine de la santé, ensuite, l'appui institutionnel et le renforcement des capacités pour la transition vers la démocratie et, enfin, l'appui macro-économique, qui se traduit par un renforcement de l'Office des Douanes et Accises (aujourd'hui DGDA), une assistance aux négociations des Accords de Partenariat Economique (APE) et un appui de 105 millions € à l'allègement de la dette extérieure de la RDC qui a permis à la RDC d'atteindre le point de décision de l'initiative PPTE en juillet 2003.
A ce sujet, Richard Zink a souligné que l'atteinte à l'IPPTE est une étape importante car elle permettra à la RDC de résorber d'autres ressources. Mais pour y arriver, il faut passer par beaucoup d'initiatives dont les réformes à entreprendre dans divers secteurs.
L'UE apporte aussi un support à l'élaboration d'un Document stratégique final de Réduction de la Pauvreté (DRSP) par la RDC. Le document de stratégie de la Commission européenne, consacré à la République démocratique du Congo pour la période 2008-2013, a mobilisé un montant de 584 millions d'euros (enveloppes A et B) au titre du 10ème Fonds européen de développement (FED). La Commission entend ainsi soutenir la reconstruction de la RDC tout en poursuivant ses efforts à appuyer la stabilisation dans certaines zones du pays.
À la suite de ses consultations avec le Gouvernement de RDC et en coordination avec les autres donateurs actifs dans le pays, la Commission européenne s'est engagée à concentrer à l'avenir ses interventions sur la reconstruction matérielle du pays, en particulier dans le domaine des infrastructures de transport, et sur la reconstruction de l'État par le renforcement de la bonne gouvernance. La Commission poursuivra également ses actions en faveur de la santé et de la protection de l'environnement.
En outre, la RDC continue à bénéficier de fonds supplémentaires issus des lignes budgétaires de la Commission, en particulier de fonds provenant du service d'aide humanitaire de la Commission européenne (ECHO), qui s'élevaient à 45 millions d'euros en 2009 et devraient être du même ordre en 2010.
La Commission considère la paix, la sécurité et la stabilisation comme des grandes priorités dans ses relations avec la République démocratique du Congo. Elle participe activement, avec les États membres et la communauté internationale, au rétablissement de la paix et de la stabilité à l'est de la RDC et suit attentivement le processus. Elle compte parmi les principaux bailleurs de fonds de cette région: depuis 2003, elle a consacré 300 millions d'euros à des programmes d'aide humanitaire, de réinsertion et de développement des capacités et a récemment renforcé son soutien, notamment par des initiatives européennes et une collaboration étroite avec les Nations Unies.
En RDC, la mise en œuvre de l'Accord de Cotonou a été lancée le 2 septembre 2003 par la signature du Programme Indicatif National (PIN), pour une période de quatre ans, déterminant les projets prioritaires de développement national financés par le 9ème Fonds européen de Développement (FED).
Le FED est financé par les contributions individuelles des 25 Etats membres. La Commission européenne joue un rôle clé dans la gestion journalière de ce fonds. La signature du PIN marque la reprise effective de la coopération entre l'UE et la RDC après dix ans d'interruption (la coopération était alors limitée à une coopération décentralisée) et un 8ème FED de 120 millions €, de courte durée allant de janvier 2002- août 2003.
On rappelle que la coopération entre l'Union européenne et la République démocratique du Congo remonte au 1er FED de 1959, dans le cadre du Traité de Rome.
Willy Kilapi



