Jeudi 11 mars 2010
Inondations : 2000 personnes sans abris à Bukama
L'agence onusienne en charge des affaires humanitaires, OCHA, indique, dans une note d'information à la presse, que des inondations se sont déclarées à Bukama, district du Haut Lomami, laissant au passage, environ 2000 personnes sans abris.
Selon l'agence de l'ONU, les eaux du fleuve Congo ont débordé dans cette partie de la province du Katanga, dans le sud-est du pays. Ces inondations ont sensiblement affecté toute la zone située le long du fleuve dont la source se trouve dans le Katanga. Ce phénomène naturel qui est intervenue à Bukama s'est prolongé jusqu'à Kabalo, situé à plusieurs kilomètres dans la même province.
L'agence ne signale pas des cas de perte en vies humaines. Toute de même, s'appuyant sur les premiers résultats des évaluations menées par Catholic Relief Service (CRS), elle indique dans son communiqué qu'un total de 1989 maisons ont subi le coup de ses inondations. Si certaines d'entre elles tiennent encore debout, d'autres ont été littéralement détruites et le résultat de tout cela font 2000 sans abris.
Des déplacés
OCHA renseigne par ailleurs que s la même province du Katanga, des affrontements entre deux groupes armés à la fin du mois de février dernier ont provoqué le déplacement des centaines de ménages dans le territoire de Malemba Nkulu. Des pillages et des incendies de maisons s'y sont signalés.
Dans le même registre, la commission Mouvement de populations du Sud Kivu, cette fois, dans le nord-est de la RDC, avance que le nombre de déplacés à la fin du mois de février dernier sur l'étendue de la province va au-delà de 628 000 alors qu'un mois avant il a été à 595 000. L'agence explique l'augmentation de déplacés par le fait que des opérations militaires ont été menées notamment dans le sud de la province.
Des mouvements des populations ont été également enregistrés dans la Province du Kasaï Occidental durant les deux premiers mois de l'année. L'Angola a expulsé de son territoire plus de 10 200 congolais. Ces déplacements ont été perceptibles notamment à Kamako et ses environs, dans le territoire de Tshikapa.
Des viols et violences
Les expulsions des congolais des mois derniers se sont accompagnées des plusieurs cas d'exactions : viols, fouilles même jusque dans les parties intimes, tortures et extorsions de biens. L'agence des Nations Unies a pu établir 366 cas de viols parmi lesquels quelques uns ont comme auteurs des Congolais.
Le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) établit de l'autre bord, un total de 10 138 cas de violences sexuelles pris en charge médicalement dans la province du Sud Kivu l'année dernière. Parmi ces multiples cas, figurent 44 victimes du sexe masculin et 827 cas en direction des mineurs.
OCHA rapporte également des cas d'extorsions de biens et de mauvais traitements contre le personnel de certaines ONG locales partenaires de la Coopération Technique Belge (CTB) et autres civils dans la province du Katanga, précisément sur les axes routiers Kalemie-Bendera et Kalemie-Nyunzu. L'opinion impute ces pratiques aux FARDC (Forces armées de la RDC) et à la Police nationale.
Des problèmes récurrents
Des problèmes de protection perdurent dans la province du Nord Kivu. Des cas de pillages et de vol de bétail se signalent dans le territoire de Masisi tandis qu'à Walikale, des groupes armés ont érigé des barrières illégales faisant payé aux populations des taxes non reconnues par les autorités de la province. Le climat d'insécurité reste perceptible.
Par ailleurs, l'insécurité met aussi à mal l'accès à l'axe sud de Dongo, dans la province de l'Equateur qui ne peut pas bénéficier de l'aide humanitaire. Les localités de Bomongo, Buburu et Makanza restent inaccessibles et les besoins humanitaires résultantes des derniers affrontements dans la zone demeurent inconnus.
Le même problème d'accès se pose dans le Katanga, seulement est-il, qu'il concerne cette fois l'accès aux soins de santé. Selon OCHA, les indicateurs sanitaires régressent dans le (district) Tanganyika et constitue un mauvais présage quand on s'en tient seulement au manque d'intrants médicaux et de fonds suffisants pour le pour fonctionnement des zones de santé.
Jules Mwamba Tshinsuya



