Programme d'urgence d'atténuation de l'impact de la crise financière
Jeudi 15 juillet 2010
Un taux de décaissement de 87% selon une mission de supervision de la BAD
Au plus fort moment de la crise financière internationale, la RDC s'est retrouvée en difficulté. Entre autres, les réserves internationales de la Banque centrale du Congo avaient atteint un niveau bas historique. Pour faire face à cette situation difficile la RDC avait bénéficié en 2009 de l'approbation d'un projet d'assistance en gouvernance de la Banque africaine de développement (BAD) de 100 millions de dollars US. Ce projet est dénommé programme d'urgence d'atténuation de l'impact de la crise financière internationale (PUAICF). Les premiers décaissements y relatifs ont commencé en août 2009. Après plusieurs mois d'exécution, une mission de supervision de la BAD conduite par Hyacinthe Kouassi, macro-économiste principal, vient de se terminer à Kinshasa sur une note de satisfaction sur l'exécution. C'est une mission de supervision intervenue après celle menée en novembre 2009 à Kinshasa.A l'issue de cette dernière mission auprès notamment de l'agence d'exécution : l'Unité d'exécution des projets (UCOP), le chef de cette mission de supervision de la BAD s'est exprimé devant la presse ce mardi 13 juillet. Il avait à ses côtés Jean Marie Kimwamba, directeur des opérations à l'UCOP et Serge N'Guessan, expert en chef des acquisitions à la BAD. Il ressort de cet échange que toutes les activités du projet ont été passées en revue avec l'UCOP et les bénéficiaires (SNCC, DGI, DGDA, Commission technique de suivi de réformes (CTR), Regideso, SNEL, SECOPE,…). Il en découle que la mise en œuvre se passe très bien. Le taux de décaissement du financement accordé à la RDC est chiffré à 87 %.
Le transport, l'éducation, l'énergie, …concernés
Au fait, les 100 millions de dollars accordés à la RDC ont été logés à la Banque Centrale du Congo afin qu'elle renforce ses réserves internationales. Ainsi, la contrepartie en Francs congolais a servi à financer les activités du projet. Dans le secteur de transports, le projet a appuyé le plan de sortie de crise de la Société national des chemins de fer (SNCC) à hauteur de 14,8 millions de dollars US. Au niveau du ministère des Finances, la DGI a bénéficié de 4,4 millions USD ; la DGDA de 3,4 millions USD, sans oublier la CTR. Pour la planification de l'économie, le ministère du plan a reçu un appui financier à travers l'Institut National de la Statistique, la plate-forme de gestion de l'aide informatisée et l'Observatoire Congolais de la pauvreté et de l'investissement (OCPI).En outre, un montant de 5 millions de dollars US a servi pour la réalisation d'un déclencheur du point d'achèvement de l'initiative pays pauvres très endettés (DSCRP).
Dans le secteur de l'énergie, le PUAICF a permis de payer la consommation des factures d'eau et d'électricité de l'Etat, et par ricochet de soutenir la Regideso et la SNEL. Ainsi, le paiement des factures d'eau a rapporté 9,2 millions USD à la Regideso. Par contre, le paiement des factures de la fourniture de courant a garanti à la SNEL d'empocher 8,9 millions USD. Et ce dans un contexte de crise aux conséquences néfastes pour les entreprises congolaises. Dans l'éducation, le projet a permis de procéder au paiement régulier de salaires des enseignants et des fonctionnaires de ce secteur. En dépit de la crise financière et ses effets néfastes, il n'y a pas eu des grèves en raison du paiement régulier des salaires. En outre, Le service de contrôle de la paie des enseignants (SECOPE) a bénéficié de l'acquisition de 58 pick-up et 600 motos. Cet apport de la BAD a eu une incidence positive sur la publication rapide des résultats des examens d'Etat de l'année scolaire 2009-2010.
En ce qui concerne la Banque centrale du Congo, le PUAICF a favorisé un renforcement des réserves de change. Cet appui à la balance de paiement est arrivé en 2009 dans la foulée de 200 millions USD accordés par le FMI et de 100 millions USD de la Banque mondiale, pour aider la RDC à faire face aux chocs provoqués par la crise financière internationale. Selon Hyacinthe Kouassi, l'intervention de la BAD a le mérite d'avoir apporté des devises qui ont aidé la BCC pour intervenir sur le marché de change pour stabiliser la monnaie nationale. Elle a aussi facilité à l'Etat de disposer des devises pour honorer les échéances du service de la dette extérieure dans un contexte difficile de crise.
Plusieurs projets sont en préparation
Le chef de la mission de la BAD s'est réjoui du fait que son institution a pris une part active dans la réalisation des déclencheurs du point d'achèvement de l'initiative PPTE, particulièrement ceux touchant à l'exécution du DSCRP et à la consolidation de la stabilité macroéconomique. " Notre appui a permis de renforcer la situation de la Banque Centrale du Congo et l'offre des devises au niveau des banques commerciales. Elle a permis à l'Etat de payer une partie de sa dette extérieure. Au niveau des ministères des Finances, du Plan, de l'Energie et de l'Education, la BAD a répondu pour les besoins présentés par le gouvernement de la RDC dans l'urgence. Le projet est un succès. 87 % de taux de décaissement du financement, c'est bon. D'ici novembre 2010, il y aura une mission d'achèvement du projet ". Il s'est félicité de l'appui de la BAD apporté à la douane à Kasumbalesa au Katanga qui a rendu possible la multiplication des recettes douanières à ce poste frontalier par deux.
Parmi les difficultés rencontrées dans l'exécution de ce projet, le chef de la mission de la Bad et le directeur des opérations de l'UCOP, ont mis en relief la perte de change. Le taux de la monnaie nationale a évolué entre 700 et 900 FC contre 1 dollar USD. Du côté de la Bad, l'on se félicite de la capacité prouvée de répondre rapidement aux effets de la crise financière internationale. C'est la preuve que l'on peut intervenir urgemment, sécuriser les fonds et atteindre les résultats, dira le chef de la mission de la BAD.
Enfin, il a été mis en exergue les projets en cours de préparation au niveau de la BAD. Ces projets seront approuvés en son temps par le conseil d'administration de la BAD. Il s'agit du projet d'appui à la gouvernance locale de 14 millions pour le Bas Congo et la province Orientale ; du Projet pour la structure de pilotage de la planification et la réforme des finances publiques ; du projet pour le retour au pays de l'expertise des Congolais de la diaspora ; du projet pour le renforcement de la faculté de polytechnique de l'Université de Kinshasa pour améliorer la formation des ingénieurs ;…
Didier Munsala B.



