Mardi 20 juillet 2010
L'actualité nationale reste encore marquée par le vol de plus de 1000 passeports ordinaires et de service. La presse internationale en a fait un large écho. Le vol de ces imprimés de valeur vient jeter un discrédit de plus sur notre pays et ses institutions. L'image de marque de notre pays en a pris certes un coup. Ce vol qui sort de l'ordinaire apporte de l'eau au moulin des détracteurs et pourfendeurs de notre pays. Même si le ministère des affaires étrangères rassure qu'il a communiqué aux chancelleries le numéro de série de passeports biométriques subtilisés et exhorté les requérants à ne pas se procurer le passeport dans la rue, ce qui est arrivé aux affaires étrangères est très grave. Cela est même inimaginable dans nombre de pays. Ce document fait partie de ce que l'on ne peut pas voler sous d'autres cieux, ni trafiquer.
Naturellement, ce vol va justifier le traitement particulier et avilissant dont sont parfois victimes les Congolais lors des formalités d'embarquement ou de débarquement dans les aéroports et postes frontaliers à travers le monde. Il arrive que le préposé à l'immigration fasse montre d'une rigueur excessive à l'endroit des personnes détenant le passeport congolais par rapport à d'autres voyageurs. Il en découle une absence de confiance dans le document présenté, et par ricochet sur le détenteur du passeport congolais.
Il est impérieux que les personnes coupables de ce vol spectaculaire des passeports soient retrouvées et sanctionnées. Naturellement, certains fonctionnaires de ce ministère sont impliqués dans cette maffia. A ce propos, l'on peut s'interroger sur l'efficacité des procédures ad hoc pour accéder aux passeports et des conditions de sécurité des lieux ou locaux où sont entreposés ces passeports. Ce vol remet en cause le système en place qui vient de montrer ses limites. Il va falloir le repenser pour que cela ne se reproduise pas. A en croire certaines sources, le passeport congolais a souvent fait l'objet d'un commerce juteux en occident. Et ce pour la simple et bonne raison que ce document est rare et difficile à obtenir au niveau des ambassades congolaises.
Un autre point sur lequel il faut agir est la motivation conséquente des fonctionnaires chargés de garder et de manipuler les stocks de ces imprimés de valeur. Par rapport à cette réalité, cette prime se justifie d'autant plus que ces précieux imprimés valent des espèces sonnantes et trébuchantes qu'il faut sécuriser. Placer ces imprimés entre les mains de fonctionnaires clochardisés, c'est prendre des risques. Dans tous les cas, la misère de fonctionnaires ne peut être évoquée pour justifier ce vol des passeports, ni d'autres actes répréhensibles constatés ça et là dans le chef de fonctionnaires. L'occasion se prête bien pour que les responsables politiques prennent la mesure des défis qu'ils doivent relever pour ne pas mettre les intérêts de la république en péril.
C'est dans la douleur et la honte que nous devons faire face à ce vol et à ses conséquences désastreuses sur l'image de notre pays et des ses institutions. L'Opération tolérance zéro en cours doit se saisir de ce dossier pour laver l'affront essuyé par la RDC. En d'autres termes, les responsables qui ont failli, les coupables et les complices doivent répondre de leurs actes. Si cela est fait, la république pourrait gagner en crédibilité sur le plan interne et externe. Dans les chancelleries, ce serait un signal fort sur la volonté des pouvoirs publics à combattre la corruption et toutes les maffias qui gangrènent notre système politique et l'économie. Qu'on se le dise !
Didier Munsala B.
