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Transco s'accroît et fait des émules

La semaine qui s'est écoulée a vu la société nationale de transport en commun, Transco, enrichir son parc automobile de 70 nouveaux bus. L'arrivée de ces bus, qui porte le total à 300 à ce jour, en attendant les 200 autres qui doivent incessamment arriver à Kinshasa, ne pouvait que très fortement réjouir les Kinois, le secteur du transport en commun ayant toujours été l'un des plus épineux dans ce pays, particulièrement à Kinshasa, la capitale, une mégapole d'environ 9 millions d'âmes. 

 

Mais en dehors de la satisfaction, du reste judicieuse, des bénéficiaires, l'effet Transco est en train de faire des émules. Petit à petit en effet, les transporteurs privés s'adaptent, emboîtent de plus en plus le pas à cette société d'Etat.

L'objectif de la création de la Transco, en effet, n'était pas seulement le souci de voir l'Etat reprendre les bonnes habitudes qu'il avait de disposer de sa propre compagnie de transport en commun. Il s'agissait aussi d'améliorer, de changer radicalement les conditions dans lesquelles les citoyens voyageaient, particulièrement à Kinshasa.

Les véhicules Mercedes 207, jusque-là, faisaient la loi, et avec eux, d'autres moyens de transport peu humains. Il est de notoriété publique que ces véhicules n'ont pas été conçus pour le transport d'êtres humains. Mais à Kinshasa, ils assurent quand même ce trafic, comme si on était dans une jungle. Ainsi, les gens voyagent dans des conditions infrahumaines. Chauffeurs et propriétaires s'arrangent toujours pour disposer dans ces bus non ou très mal aérés le plus de bancs que possible. Car, oui, c'est assis sur des bancs en bois, fabriqués par le premier menuisier venu, que les Kinois voyagent dans ces bus.

En conséquence, les passagers qui ont une taille assez normale font passer à leurs jambes des moments pénibles tout le temps que dure un voyage à bord d'un 207. Lorsqu'on prend en compte le fait que tout le monde n'est pas propre dans ce pays et que nombreux ne se font pas soigner correctement, le lien peut être facilement fait avec la propagation de certaines maladies. Car lors de fortes chaleurs que connaît cette région tropicale chaude et humide, les gens se transmettent aisément, à leur corps défendant, haleine et sueurs. 

Les bus de la nouvelle société redonnent donc enfin aux Congolais, en tout cas lorsqu'ils prennent place à bord, leurs conditions d'humains.

On voit de plus en plus de transporteurs privés doter leurs charrois des bus assez spacieux, à bord desquels on peut voyager dans des conditions assez confortables. Le Gouvernement ne veut pas faire du bruit là-dessus, mais les yeux observateurs ont déjà remarqué la présence chaque jour plus accrue de ces bus. 

L'Etat ne pouvant pas tout faire, un Gouvernement responsable donne l'impulsion dans tous les domaines. Et pour peu qu'il bénéficie de la légitimité du peuple, comme c'est le cas avec l'actuel Gouvernement de la République, les administrés l'accompagnent dans ses actions.

Les minibus de marque Mercedes 207, auxquels les Kinois ont collé l'étiquette " esprit de mort ", ne sont pas seulement décriés à cause de nombreux accidents qu'ils causent sur les routes kinoises. En plus, ce ne sont pas les véhicules en question qui sont honnis par les Kinois, mais leurs utilisateurs et la manière dont ils les utilisent. 

Comme donc l'a tout récemment répété le premier d'entre les ministres, le souhait de l'ensemble de la population est que ces " maudits " bus soient enfin retirés de la vue des Congolais.

C'était là une façon de signifier son ras-le-bol face à ces bus qui causent de sérieux problèmes aux Kinois. C'est pourquoi, toujours à l'écoute du peuple, le Gouvernement que dirige Matata Ponyo, sous l'œil autant directif que vigilant du Chef de l'Etat, avait pensé à la création de la Transco.

Même si cela était dans son programme, la grève des transporteurs en mai 2012, à la suite d'un renforcement du contrôle des véhicules, grève qui avait complètement paralysé Kinshasa pendant deux jours, avait décidé le gouvernement à s'occuper autrement de ce secteur.

Hier rêve, doute même pour ceux qui ont le malheur de ne regarder le soleil que dans le but d'y découvrir des tâches, comme le président de la FEC dans ses récentes élucubrations, les Kinois commencent enfin à envisager la sortie très prochaine du calvaire dans lequel les ont plongés propriétaires, chauffeurs et receveurs des fameux 207 qui doivent très vite devenir de triste mémoire.

Les compatriotes habitant l'intérieur du pays ont également toutes les raisons de se frotter les mains, Transco étant une entreprise nationale.

  Valéry Mankenda