Jeudi 03 mai 2012
Le COREF et les bailleurs de fonds se regardent dans les yeux
La reforme des finances publiques est un facteur de croissance et de la réduction de la pauvreté afin que le budget qui est la traduction chiffrée de la stratégie du gouvernement, soit l'élément déclencheur pour la croissance et la réduction de la pauvreté. C'est ce qui explique la rencontre entre le Comité de réforme des finances publiques et les bailleurs des fonds qui interviennent dans le domaine de reforme des finances publiques et budgétaire, le vendredi 27 avril 2012. C'était en fait, une rencontre d'harmonisation, de coordination et de l'uniformisation des méthodes de travail.
Dans son intervention, Godefroid Misenga, coordonnateur du COREF, a précisé que cette rencontre avec les bailleurs des fonds était une revue pour parcourir les différentes actions réalisées dans chaque pilier du plan stratégique. "Le constat est que les choses avancent très bien. Les bailleurs et la partie nationale ont salué les actions qui ont été menées dans chaque pilier de la reforme ".
Il a, en outre, ajouté que le COREF envisage la restructuration de son institution pour renforcer le pilotage de la reforme. A cet effet, " il a été conçu le processus de recrutement des assistants techniques, qui devraient piloter chaque pilier de la reforme des finances publiques. Sur instruction de Matata Ponyo, ministre des Finances de jadis et actuel Premier ministre, ce recrutement devrait se faire sur base d'un concours selon un processus compétitif. Pour ce faire, il faudrait avoir de l'expérience dans le domaine des finances publiques ".
Besoins économiques
De son côté, Mme Sandrine, chargée de programme de la délégation de l'Union Européenne a révélé que " cette réunion permet à la partie gouvernementale d'exprimer ses besoins et de coordonner les différents bailleurs sur les différents projets ".
Elle poursuivra en disant que l'UE agit à plusieurs niveaux depuis plusieurs années et certains programmes sont en cours. Cette institution a apporté son appui auprès de la Cour des comptes, à l'Inspection générale des finances et a participé à l'édification du COREF et à la mise en place d'un plan stratégique de reformes des finances publiques.
Dans l'entretemps, Godefroid Misenga a révélé l'organisation d'un séminaire de formation et de remise à niveau à l'intention de nouveaux députés. Il réunira tous les membres des commissions économico- financières du Sénat et de l'Assemblée nationale et mettra l'accent sur leur rôle par rapport à la nouvelle loi des finances publiques.
Il sied de rappeler que le COREF a conçu "la plate forme minimale " en matière de la gestion des Finances publiques : "Aujourd'hui, toutes les provinces sont couvertes en terme des finances par les bailleurs. Nous voulons que les expériences de bailleurs soient les mêmes dans toutes les provinces, afin d'éviter une décentralisation financée à deux vitesses. Nous voulons imprimer les mêmes contenus des reformes ", a affirmé Godefroid Misenga. Ainsi, il a été décidé au cours de cet échange avec les bailleurs de fonds l'approche des réunions thématiques sur chaque pilier de la reforme.
On rappelle que le COREF est l'une des institutions attachées au ministère des Finances et a été créé en aout 2009. Il a pour mission principale, d'assurer un pilotage stratégique des finances publiques qui sont mises en œuvres dans les différentes administrations de la RDC, c'est-à-dire, les administrations financières au niveau du Ministère des Finances, du Budget et du Plan.
Dans sa mission d'évaluation des finances publiques du pays, le COREF affirme qu'il y a des indicateurs qui attestent qu'il y a une certaine stabilité macroéconomique, et qui classent par ce fait, la RDC dans une bonne position.
Les innovations de la nouvelle loi des finances
S'expliquant sur la nouvelle loi financière, Godefroid Misenga a précisé qu'elle est une réponse aux différentes critiques qui ont été faites sur le cadre juridique de gestion des finances publiques. Plusieurs études diagnostiques ont démontré l'obsolescence du cadre juridique de gestion des finances publiques.
" La loi financière ancienne était en déphasage avec les dispositions de la constitution, mais également avec les pratiques modernes de la gestion des finances publiques. Il a fallu passer de cette loi inadaptée à une nouvelle loi qui prendrait en charge beaucoup de reformes qui étaient entamées depuis la reprise de la coopération avec les partenaires en 2003 ", a précisé le coordonnateur du COREF.
La loi relative aux finances publiques est en fait, une révolution entre la loi ancienne et la nouvelle loi en termes des pratiques budgétaires. Elle renferme en son sein plusieurs innovations.
Cependant, toutes ces reformes entreprises dans le cadre de la gestion des finances publiques poursuivent les objectifs suivants : l'ambition du gouvernement est que les finances publiques deviennent un facteur de croissance et de la réduction de la pauvreté afin que le budget qui est la traduction chiffrée de la stratégie du gouvernement, soit l'élément déclencheur pour la croissance et la réduction de la pauvreté. C'est à partir d'ici que le COREF tire son slogan : " les finances publiques sont pour l'économie ce que le sang est pour le corps humain ; et ce que la sève est pour les plantes ".
Ainsi, une économie qui se veut prospère et qui aspire à la croissance devrait engager tous les efforts pour mettre une action plus vigoureuse dans le domaine des finances publiques, a conclu Godefroid Misenga, coordonnateur du COREF.
Willy Kilapi