Lundi 15 octobre 2012
C'est tous les jours que les médias du monde entier parlent de la RDC. Mais rarement en bien. Je veux dire, plus souvent en mal. C'est la première fois aujourd'hui que la RDC occupe en bien tous les écrans et les unes des principaux médias de la planète. Il le doit à la tenue et à la réussite du XIVème sommet de la Francophonie. Que très peu de gens, ici et à l'extérieur, croyaient la RDC capable d'organiser.
A ce stade ici, Kabila a toutes les raisons du monde d'être content du travail abattu par nombre de ses collaborateurs, en commençant par le premier d'entre eux, le Premier ministre Matata, constamment au four et au moulin pour s'assurer qu'aucun détail mal géré ne vienne gâcher la fête de la Francophonie.
Même Jeune Afrique, pas très porté sur des compliments à l'endroit de Kinshasa, n'a pas hésité à affirmer que " ça va un peu ". Venant de lui, cela peut vouloir dire que attention, les choses commencent à bouger positivement en RDC.
Maintenant, notre grande satisfaction. Un événement comme ce sommet ne pouvait pas dans l'état de notre organisation actuelle, se dérouler sans un minimum de couacs. De flottements et autres incidents de parcours souvent inévitables dans ce genre de manifestation. S'il y en a eu, ce qui est possible, il est trop tôt pour pouvoir en parler avec certitude. Ce que l'on sait par contre, c'est que les Congolais d'ici et de la diaspora, dans leur écrasante majorité, se sont sentis honorés par la réussite, qui n'était pas évidente au départ, du XIVème sommet de la Francophonie en RDC. Quand on sait que l'on parle rarement du bien de ce pays, on est d'autant plus flattés que pour la première fois les images d'une RD Congo sortant de son long coma sont venues réhabiliter aux yeux de l'opinion un pays qui passait pour être parmi les plus grabataires du monde.
Aussi bien nos visiteurs qui n'en revenaient pas, que nos propres compatriotes qui trouvent dans la réussite de ce sommet un motif de revendiquer ce peu de dignité qui leur restait, et partait en lambeaux à chaque occasion.
Tous se sont rendus compte qu'il y a des choses importantes qui se font dans ce pays. Sans que cela donne lieu à des bruits d'autosatisfaction quelconque. Réussir ce sommet n'était pas acquis d'avance lorsqu'il n'en était question que sur le papier. Très peu de personnes croyaient la RDC capable de relever un défi de cette taille. Aujourd'hui tout le monde se rend compte que tout est possible, il suffit pour cela qu'on nous fasse confiance.
De nombreux congolais vivant à l'étranger ne croyaient pas que les images qui défilaient sous leurs yeux étaient réellement celles de leur pays. Il y en avait, ont rapporté diverses sources, qui ne se sont pas empêché de laisser couler une larme d'émotion.
C'est la preuve que n'eût été cette guerre de Kivu qui nous prive de beaucoup de nos moyens en nous volant en plus tout ce qui est à sa portée, des choses autrement plus parlantes auraient déjà été réalisées dans ce pays.
On notera en passant que même les humeurs changeantes de François Hollande ne sont pas parvenues à refroidir une fête qui se voulait totale et chaleureuse, du début à la fin. L'opinion n'a pas bien compris, en effet, qu'ayant accepté d'effectuer le déplacement de Kinshasa, Hollande ait donné la désagréable impression d'être venu à contre cœur, c'est-à-dire bien malgré lui. Le président français n'ignore pas que la RDC fonctionne dans une démocratie fragile. Un rien, un peu d'inattention pouvant la faire basculer dans le trou. Il faut que par tous les moyens le président français dont les congolais attendaient un peu plus de chaleur, s'organise pour dissiper le sentiment de malaise injustifié qu'il a laissé à Kinshasa.
Au tableau de surprises de dernière minute figure aussi, et en bonne position, l'absence de Mohammed VI du Maroc dont la présence à ce sommet avait pourtant été annoncée par le professeur Ndaywel. Que s'est-t-il passé pour que le souverain marocain n'effectue pas le déplacement de Kinshasa ?
En attendant, il n'est pas prétentieux de dire que jamais événement n'a été aussi bien organisé, et bien réussi, que ce XIVème sommet de la Francophonie. Qui a eu le bonheur de remettre la RDC dans l'agenda international.
Abdou-Diouf qui n'a rien ménagé pour que ce sommet réussisse a eu ces mots qui n'appellent de notre part aucun commentaire : " le XIVème sommet de la Francophonie a été un grand succès ". Quoi de plus pour nous donner du baume au cœur ?
Mankenda Voka